Retour sur la Conférence & Débats sur l'économie circulaire

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Ce mercredi, le projet de Loi sur l’économie circulaire est dévoilé. Il introduit de nombreuses mesures structurantes pour le monde de l’aménagement et du BTP. Partant du constat que ce secteur produit ¾ des déchets (en tonnage), le projet de Loi met très clairement cette question en exergue avec plusieurs nouveautés : principe pollueur-payeur pour les producteurs de matériaux, nouvelles obligations avec incitation au tri et au réemploi, accompagnement de nouvelles filières. Ce thème a été largement défriché lors de la Conférence et débats organisée par Cadre de Ville et la Scet ce 2 juillet à Paris.   

Marie-Christine PREMARTIN (ADEME) et Patricia SAVIN (Orée) ont remis en perspective la notion d’économie circulaire. Elle consiste à diminuer, pour un processus donné, tant les ressources entrantes (énergie et matériaux essentiellement) que les émissions (énergie fatale, déchets, pollution...), la « circularité » idéale aboutissant dans l'absolu à un système autarcique... La raréfaction des ressources et l'urbanisation croissante de nos sociétés désignent naturellement la ville comme l'endroit où tout se joue, parce que tous les processus, notamment industriels, qui y convergent, vont devoir intégrer une logique « circulaire ».

C'est d'abord le processus de la fabrique urbaine qui apparaît comme le premier concerné, le volume de production des déchets du BTP s'imposant comme une évidence. Le concept de « foncier circulaire » présenté par Dominique ALBA (APUR) interpelle tout l’écosystème urbain.  Ainsi, les métiers de la construction mais aussi de l'aménagement urbain vont devoir de plus en plus intégrer la notion d'analyse du cycle de vie, permettant de mieux prendre en compte la dimension multiple de leurs impacts. L'évolution des normes pousse dans ce sens, passant d'une vision centrée sur l'énergie (RT 2012) à une approche plus globale intégrant le bilan carbone (E+C-).

La journée a questionné des pratiques opérationnelles nouvelles : transformation de terres excavées en matériaux de construction en terre crue (projet Cycle Terre) ; valorisation des terres du Grand Paris express pour créer de nouveaux paysages (projet Gibraltar, accompagné par la SCET) ; stratégie de réemploi dans le projet urbain de la totalité des matériaux d’un ancien site industriel (projet Fives Cail à Lille, porté par SORELI) ; plate-forme dématérialisée de valorisation des ressources issues du recyclage des matériaux issus de la déconstruction (projet Cycle Up). A été souligné aussi l’intérêt du modèle de l’économie mixte pour piloter, dans les territoires, les boucles de valeur de l’économie circulaire (exemples de la SEMEDI au Havre et de l’éco-quartier industriel Yvon Morandat, porté par la SEMAG Gardanne).

Cette journée a permis enfin d’anticiper le nouveau cadre législatif qui se dessine, notamment la mise en place d’un diagnostic « déconstruction » dans les opérations neuves, et la  mesure des effets de l’extension au secteur du BTP de la responsabilité élargie du producteur.