Retour sur les 50 ans du Cycle d'Urbanisme de Sciences Po

frise

Le vendredi 13 décembre, le cycle d’Urbanisme de Sciences Po célébrait ses 50 ans.
La SCET était grand partenaire de cet événement, consacré à des débats et rencontres autour du thème de « La Ville apprenante ».

Retour sur 3 temps forts de la journée auxquels participait la SCET : 

Marie-Odile Farineau, Directrice Adjointe du Pôle Projets de Territoires de la SCET et Timothée Hubscher, Directeur de l’Agence Rhône Alpes de Citadia ont abordé durant l’atelier « 50 minutes avec » les dispositifs qu’ils ont pu mettre en place dans le cadre de la revitalisation des Cœurs de Ville. A travers des exemples concrets de villes moyennes qu’ils accompagnent grâce aux dispositifs Action Cœur de Ville, ils ont évoqué les constats mais surtout l’approche que mettent en place la SCET et CITADIA pour trouver des solutions de revitalisation à ces territoires : une approche multifactorielle et un processus de co-construction avec les acteurs locaux. Comme tout projet urbain, « il n’y a pas une solution miracle, réplicable sur toutes les villes moyennes mais bien un projet de territoire à repenser pour chaque ville en partant de son vécu et de son histoire ». Un débat intéressant s’est ensuite engagé avec les personnes présentes. Il a  mis en exergue que le programme Action Cœur de Ville est aussi une phase d’adaptation pour les partenaires institutionnels pour trouver des outils et des financements plus adaptés aux besoins locaux.

 

Autre table ronde en présence de Gaëlle Andro, Vice-Présidente de Rennes Métropole, Ido Avissar fondateur de l’agence LIST, Mathieu Delorme, fondateur d’Atelier Georges, Stéphane Keïta, Pdg de la Scet et Stefania Parigi, directrice de l’Hébergement d’Adoma, pour répondre à l’interpellation des étudiants : « Fabriquer la ville, oui, mais pour qui ? ». Un débat qui s’est rapidement orienté sur le rôle du politique qui « doit s’interroger sur les différentes typologies d’habitants ». Ainsi Gaëlle Andro témoigne par exemple de la prise en compte du partage de l’espace public avec des populations marginales. Puis sur la légitimité des démarches de concertation: « Doit-on consulter sur tout ? Face à l’urgence, a-t-on toujours le temps de consulter ? » Stéfania Parigi témoigne de la transformation de  la soixantaine de Formule 1 en hébergement d’urgence gérés par Adoma: « pas certain que nous aurions pu le faire si nous avions organisé une concertation ». Pour Stéphane Keïta, la consultation peut être pertinente lorsque le projet n’est pas défini et que le porteur de projets a besoin de mieux cerner les usages des habitants. Dans un véritable objectif de dialogue, donc ; à l’inverse, elle peut s’avérer contre-productive dans un rapport de force.  Des démarches qui peuvent en effet se révéler complexes selon Igo Avissar tant elles créent de la méfiance chez les citoyens.

 

Patrick Bouchain, Grand Prix de l’Urbanisme 2019 clôturait l’après-midi. Avec son regard à contre-courant sur l’évolution des lieux délaissés, il invite les étudiants à penser autrement - « Pourquoi ne pas requalifier les centres commerciaux en lieu d’habitation ?»-, à avoir une approche opérationnelle, pragmatique – « Et pourquoi pas une Ecole nationale du terrain ? »,  et revient sur la question de la concertation : pour être efficiente, elle doit être menée avec les futurs usagers du projet, qui ne sont pas toujours les habitants du quartier, et plutôt que la concertation, c’est surtout l’échange qu’il faut instaurer. Un événement clôturé par une grande soirée festive, organisée par l’association du Cycle d’Urbanisme de Sciences Po.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Fabriquer la ville post carbone oui mais comment ? ». Cette table ronde de l’après-midi réunissait Charlotte Halpern, Directrice de l’executive master Gouvernance territoriale, Stéphane Keïta Président Directeur Général de la SCET, Jean-Luc POIDEVIN Directeur Général Délégué collectivités locales de Nexity et Marion Waller Directrice Adjointe du cabinet de Jean-Louis Missika. Les intervenants ont invité les futures générations d’urbanistes à ne rien lâcher - « La ville post-carbone, c’est la responsabilité de tous » -, ne pas décider dans l’urgence, à « remettre du politique dans le projet », enfin réfléchir aux usages pour savoir quelle ville on veut. L’urbanisme transitoire, à ce titre, est un dispositif intéressant pour mieux définir les besoins : « il faut accepter de prendre des risques pour faire des villes qualitatives ».  Enfin Stéphane Keïta rappelait la nécessité « de conduire des expérimentations pour avoir des résultats dans un contexte où la durée de mise en oeuvre des projets d’urbanisme, les exigences fortes des citoyens en matière de développement durable et les échéances politiques doivent aller de concert. »

 

 

 

Retrouvez l’éditorial de Michel Micheau, Professeur Emérite de Sciences Po et Directeur du cycle de 1979 à 2015 à propos des profondes relations qui unissent la SCET et le cycle d’urbanisme de Sciences Po.